Loi Evin suite, et presque fin... Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
De l'intervention de Madame Roselyne Bachelot dans Télématin (émission de France 2 du 09 mars) voilà ce que j'ai retenu.
A la question du journaliste concernant l'autorisation de la promotion du vin sur internet Madame Le Ministre répondit qu'internet est un média mondial et que nos voisins ne se privent pas (et nous ne les privons pas) de faire leur promotion sur la toile, alors pourquoi priver nos viticulteurs français de cet outil de communication ?
A la question du journaliste est-ce que le vin est considéré sur le même plan que les alcools forts, issus de la distillation la réponse fut malheureusement oui, car il n'existe pas d'outil législatif pour faire une différence entre spiritueux et vin. Cependant... Madame le Ministre se disait favorable à une inclusion d'internet dans les dispositions de la loi Évin afin d'intégrer pour le vin, le web comme moyen de communication réglementé.
A ce jour, le 13 mars 2009, dans le cadre de l'examen de la loi hôpital santé à l'assemblée (nuit du 10 au 11 mars), pour la première fois la loi Évin se trouve officiellement et indirectement amendée. En effet contrairement aux préconisations de la commission des affaires sociales qui avait il y a quelques semaines, rejeté l'amendement Domergue au profit de celui rédigé par M. Bur (amendement plus coercitif que celui de M. Domergue), les parlementaires ont finalement décidé de suivre celui de M. Domergue.
Cet amendement autorise "officiellement" la promotion des vins sur internet à l'exclusion (et je suis tenté d'écrire, heureusement !) des sites "principalement destinés à la jeunesse" ou ceux "des associations, sociétés et fédérations sportives ou des ligues professionnelles".
En tant que consommateur, je suis ravi de voir que le bon sens a pris le pas sur une pensée dominante du "tout sécuritaire et hygiéniste".
En chaussant ma casquette de communiquant, je suis tenté d'écrire, "ouf !".
En effet nous entendions chez les vignerons ou les professionnels du secteur toutes les inquiétudes pas encore totalement dissipées, mais quand même !
Alors soyons clairs, tout n'est plus qu'une question de tempset d'un aller/retour au sénat : il est quasiment autorisé, officiellement, d'avoir un site internet ; il est quasiment autorisé de vendre son vin sur internet ; il est quasiment autorisé sur son propre de site internet de dire que "son vin est bon !" ; il est quasiment autorisé d'avoir un blog qui parle de vin sur internet. Cependant en faire la pub sur des sites (mentionnés plus haut) "principalement destinés à la jeunesse" ou ceux "des associations, sociétés et fédérations sportives ou des ligues professionnelles" est interdit et... alors ?
Est-ce que les vignerons faisaient beaucoup de pub sur ce type de site internet ? Est-ce que les vignerons réclamaient ardemment de faire de la pub sur ce type de site internet ? Et enfin peut-être la question la plus importante : est-ce que les vignerons n'ont pas d'enfant ou les sacrifient-ils sur le grand autel de la sacro-sainte rentabilité économique ?!
Ironie certes, mais finalement la question est posée : les vignerons sont-ils inconscients des dangers de l'alcool sur certaines populations, les jeunes en particulier... est ce que les 19000 viticulteurs français condamnent leur progéniture au profit de leur activité professionnelle ?
Certainement pas ! Arrêtons la mauvaise foi : les viticulteurs sont acteurs dans la consommation de leurs produits, ils prennent leur responsabilités ! Disons-le !
Diaboliser un produit, faire des amalgames, discréditer toute une profession voilà où nous en sommes du « tout est une menace, tout est potentiellement dangereux ».
Et c'est dans cette potentialité que réside la nuance : cessons d'infantiliser les consommateurs, cessons de diaboliser les producteurs, continuons le travail de prévention et cessons d'associer la notion de plaisir à la notion de péché... car nous en sommes là.
Le fond de la question est quasi-existentiel : nous sommes dans une société où le simple fait de CHOISIR de consommer un produit (légal !) potentiellement dangereux je le reconnais volontiers sans pour autant faire d'angélisme ou encore de démagogie devient un péché dont nous devons nous éloigner. Et la subtilité réside dans le fait que l'identification de ce péché est servie par des prêcheurs qui nous indiquent la voie...
Après la fin de l'ordre moral des années 50/60 assisterions nous à l'évènement d'un nouvel ordre sanitaro-sécuritaire ? Où telles des brebis égarées, un bon berger nous indiquera ce qui est bien pour nous, de ce qui ne l'est pas ?

 

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