Un premier pas a été fait dernièrement en direction des vignerons et
autres professionnels du secteur viticole. En effet, vous n'êtes pas
sans savoir que depuis plusieurs mois (voire années...) la promotion des vins était au coeur de débats houleux et parfois tendus entre les associations de lutte contre l'alcoolisme (ANPAA entre autre http://www.anpaa.asso.fr/index_flash.html
) et les viticulteurs français. Pour être bref, un amalgame malheureux
assimilait de fait les producteurs viticoles aux grands "alcooliers"
français et internationaux. Les modes de consommation des différents produits sont pourtant totalement distincts (voir l'excellent article de Joëlle
Delvaux http://www.enmarche.be/Societe/Jeunes/Jeunes_alcooliers.htm ).
En effet, comme on assiste à de nouveaux...
comportements, la prévention de l'alcoolisme et des risques liés (accidentologie
importante observée chez différents types de population) est une
priorité à laquelle nous devons tous participer et ce n'est pas de la
rhétorique que de le dire ! Cependant de manière empirique et
totalement subjective, on remarque également que rares sont les
étudiants par exemple (de Gironde pour ce qui nous concerne) qui
s'adonnent régulièrement au binge drinking ( consommation excessive
d'alcool dans le but de se saoûler) au vin rouge, blanc, rosé ou encore
champagne — liste non exhaustive !
Tout ça pour dire qu'il ne faut pas se tromper de cible, en aucun cas
les vignerons (que nous côtoyons au quotidien) n'ont demandé une
dérèglementation totale de la publicité sur les produits alcoolisés,
bien au contraire.
En fait, on vit un paradoxe typiquement français, puisque la loi
Evin réduit très fortement les conditions de publicité du vin et permet
celle des whiskys et alcools forts, au motif juridique qu'elle
n'interdit pas la publicité des marques. Or le vin est une affaire de
terroir, et donc d'appellation contrôlée, notion très différente de la
notion de marque, le vin se trouve donc avec des possibilités de promotion très
restreintes. Dernièrement, une décision de justice a assimilé un
article journalistique sur le champagne à une publicité, en se basant
sur la loi Évin.
La question se pose aujourd'hui, ainsi que celle de la publicité sur Internet.
Peut-on encore parler du vin ? Qui veut amender la loi Evin ?
Madame Delaunay, députée de la Gironde, qui siégeait à la Commissions des
Affaires Sociales a adopté l'amendement de Monsieur Bur qui dispose que “Les
professionnels du secteur seraient autorisés à faire de la publicité
uniquement sur leur propre site“. Concrètement qu'est-que ce tout cela
donnerait : possibilité de faire la promotion du produit sur le site
(réel ou virtuel) mais sans aucun autre "canal" à disposition. Je
crains que le choix de la commission ne soit pas réaliste quant aux
implications concrêtes pour les viticulteurs ou les revendeurs.
Cependant, il me paraît important, en même temps que de continuer à
oeuvrer en faveur d'une dissociation "vin" et "alcools", de commencer à
réfléchir dès maintenant aux solutions pour l'après-vote. En effet, si
les deux chambres décident de suivre les arguments en faveur d'une
surprotection (et par là-même d'une déresponsabilisation ! ) du
consommateur et d'une pénalisation excessive du producteur ou du
détaillant, il nous faudra trouver de nouvelles alternatives. "Dura lex
sed lex"
En attendant et parce qu'il faut tenir compte des pas, aussi petits
soient-ils en direction de notre profession, voici un extrait du
journal de TV7 Bordeaux (très bonne chaîne locale girondine qui nous
donne un regard très juste sur l'actualité ainsi que sur notre région)
auquel a participé Madame Delaunay et dans lequel elle nous livre sa
position quant à l'amendement qui fut adopté. (lien vers le journal
complet de TV7 bordeaux du 11 février 2009 ).
Vous trouverez également le lien vers la pétition pour soutenir
le vin sur Internet, c’est plus que jamais le moment de la signer :
www.findawine.com/soutenirlevin/petition.
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